2020

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2020

Audrey Brugnoli

Matter Silicorum

Audrey Brugnoli, Eleonore Geissler

2018

 

Collaborations 

Coline Zuber

Zakaria Sedrati

 

Partenaires 

Chaire EC-AD, Fondation Nespresso France [lien]

Laboratoire PMMH, ESPCI [lien]

Ecole Normale Supérieure [lien]

 

Recherche comment et pourquoi le design peut contribuer à étudier le vivant par la simulation tangible d'êtres artificiels. Ces êtres prennent corps à partir de données récoltées en laboratoire et sont donnés à voir par la robotique molle et l'anthropologie. A partir de formes bio-inspirées et d'enregistrements audios fictifs, le dispositif propose une lecture critique à la fois animiste et anthropomorphique de ce que pourrait être la vie artificielle combinée aux biotechnologies.

Robotique-molle, audio-fiction, seringues (pompes), vivarium

 

Ce dispositif, ancré dans le laboratoire In Fictio Silico, s'intéresse à la matérialisation d'êtres artificiels par une hybridation entre un élément animal, végétal et minéral. Par la simulation, les codes génétiques et données récoltées de différentes espèces sont copiés et imbriqués afin de créer des chimères. A travers la robotique molle et des méthodes anthropologiques, Matter Silicorum permet d'étudier ces êtres sous différentes formes : le langage, les mouvements, les réactions et interactions, et de quelle façon leur matérialité pourrait alimenter de nouvelles données.

 

En collaboration avec deux étudiants de l'ENS qui préparaient une thèse sur les questions éthiques liées à l'animisme lors du projet, un dialogue a été imaginé entre ces êtres et l'homme, mais aussi entre ces êtres et leur environnement, puis entre ces êtres et leur matérialité propre. De fait, chaque espèce est accompagnée d'un texte audio où sont développées différentes problématiques liées à l'étude du vivant et transposées dans le contexte de la vie artificielle allant du langage (une espèce qui s'exprimerait par des paysages chromatiques), à la contamination (de l'homme sur ces êtres mais aussi de ces êtres sur l'homme) et de la rencontre, l'interaction (entre une forme de vie artificielle et l'espèce humaine).

 

1. Etude du langage [lien texte

Essai de traduction du langage silicium. Par le centre d’investigations para-naturalistes de l’Institut de Recherche Cosmographique. 

 

2. La contamination [lien texte]

Tawina, Suivis psychiatriques. 9.11 « Le cas Bushr Magan »

 

3. La rencontre [lien texte]

DENEB Narmin, Bestiaire psychocosmique, « Illi l’émissaire », pp. 15-27

 

Ces entretiens et observations ont permis de s'intéresser à comprendre ces langages, passant notamment par les différents types de gonflements repertoriés. De nombreux échantillons ont été réalisés, à l'image de fragments de peau manipulables et programmables par l'homme afin d'étudier et de percevoir l'ensemble des mouvements sous différents critères (environnement, gravité, séquençage, vitesse...).

 

La critique évidente est le rapport anthropomorphique que l'homme développe face à chaque nouvelle espèce qu'il rencontre. Malgré des formes gonflantes/respirantes qui exploitent le caractère « vivant » de la robotique molle et la tendance humaine à se projeter émotionnellement dans la technologie, les études ont tendance à se rapprocher d'une matérialité proche de l'homme et surtout de ses techniques. La technique limite et/ou dirige les imaginaires, tout comme la science fiction dominante véhiculée par les films. Dans ce contexte particulier lié à la technique, les recherches se sont davantage concentrées sur l'exobiologies lors de rencontres avec les chercheurs Hervé Cotin et François Raulin. Ces derniers ont confirmé que les recherches de vies extra-terrestres étaient concentrées sur les formes de vie carbone et que les outils technologiques actuels n'étaient pas en capacité de percevoir d'autres formes telle que « La vie silicium » imaginée par Isaac Asimov. Ainsi, dans la conquête spatiale particulièrement, toute technologie est destinée à découvrir une forme de vie spécifique et pourrait passer à côté d’autres formes de vies imperceptibles autant pour l'homme que pour ses outils (tel que « Un amour de sable » une nouvelle écrite par Sylvie Lainé).