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Audrey Brugnoli

In Fictio Silico

Audrey Brugnoli, Eleonore Geissler

2018

 

Collaborations 

Florian Delgehier [lien]

Cyril Muller [lien]

Clément Barbisan [lien]

Ruari Piroué [lien]

Coline Zuber

Zakaria Sedrati 

 

Partenaires 

Chaire EC-AD, Fondation Nespresso France [lien]

Laboratoire PMMH, ESPCI [lien]

Ecole 42 [lien]

Ecole Normale Supérieure [lien]

Hutong Production [lien]

 

Terrain de recherche fictif qui explore les nouvelles implications de la biologie synthétique et des algorithmes dans l'étude du vivant. Ce laboratoire propose des expériences sensibles en puisant dans le caractère vivant de la robotique molle et la tendance humaine à se projeter émotionnellement dans la technologie. En partant du principe que la fabrication du vivant est un ensemble de processus encore imparfaitement connus et maîtrisés, des formes de vies artificielles ont été imaginé afin de comprendre et de manipuler le vivant à partir de plusieurs dispositifs sensibles pouvant participer à la recherche scientifique.

In Fictio Silico est un terrain de recherche mené durant un an dans le cadre du double diplôme d'Audrey Brugnoli (secteur Design Objet) et d'Eleonore Geissler (secteur Image Imprimée) de l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs en 2018.

 

In Silico est un terme qui désigne la simulation numérique et virtuelle employée au service de la recherche biologique expérimentale. 

In Fictio est une étape transdisciplinaire complémentaire, permettant d’étudier le vivant par la spéculation et la technologie. 

In Fictio Silico explore les possibilités et nouvelles implications de la biologie synthétique et des algorithmes dans l’étude du vivant.

 

Ce projet « composite » mêlant art, design, science, artisanat et technologie, questionne les nouvelles formes d’application du vivant et les techno-imaginaires qu’elles impliquent. La fabrication du vivant est un ensemble de processus encore imparfaitement connu et maîtrisé. L’homme a toujours agit sur la nature afin de définir la vie. Les artistes ont également tenté de le représenter, de le fabriquer et de le comprendre. La civilisation étant fondée sur une domestication du vivant, ce projet tend à assumer cet héritage par l'exploration et l'étude d'une nouvelle forme de vie artificielle. A l’heure de la biologie synthétique ; comment et pourquoi le design doit-il contribuer à la création de support pour la recherche scientifique ? Quelles perspectives sont à prévoir sur l'implication des progrès techniques sur le vivant ? 

 

Définition du vivant et supervision scientifique

La première étape du projet était de positionner l'art et le design dans la définition du vivant. Pour ce faire, In Fictio Silico a été sous la supervision scientifique de plusieurs experts : Dominique Peysson (artiste physicienne), Perig Pitrou (anthropologue), Monique Jeudy-Ballini (anthropologue), Martin Fortier (anthropologue en sciences cognitives), Roland Lehoucq (astrophysicien), Nicolas Debons (chimiste), Jean-Sébastien Steyer (paléontologue), Mehdi Khamassi (roboticien en neurophysiologie), Jean Lilensten (planétologue), Hervé Cottin (exobiologiste) et François Raulin (exobiologiste).

Les entretiens ont permis d'établir le fait qu'il n'y avait pas une unique définition du vivant, chaque discipline s'accorde à définir elle-même ce qu'est le vivant sans établir de ponts avec les autres. La définition la plus globale obtenue par l'exobiologie étant  « une structure capable de se répliquer elle même ». La domestication du vivant et du non-vivant a entraîné de nouvelles formes d'intelligences capables de se répliquer et d'évoluer dans un environnement lui-même en perpétuelle mutation.

Le design est-il condamné à reproduire le contrôle et l'exploitation du vivant ou peut-il au contraire contribuer à créer des conditions de dé-domestication ? En proposant une nouvelle étape dans la technologisation du vivant, et par une définition tangible prenant la forme de dispositifs extra-sensibles, In Fictio Silico critique une nature ultra artificialisée.

 

« Il en ressort que le présent projet ne se veut pas scientifique mais fabuleux.

Et comme la plupart des fables, celle-ci est aussi une affaire d’animaux,

du moins en apparence. »

Louis Bec

 

In Fictio Silico

La simulation du vivant se développe de plus en plus en robotique et neuroscience à partir de données récoltées et matérialisées dans un environnement virtuel. Ces nouvelles méthodes permettent de modéliser des situations et interactions encore inexplorées. Le vivant est simulé de façon extra-réaliste afin d'être manipulé dans ses dimensions physiques, perceptives et imaginaires. A travers de nouveaux dispositifs utilisant la notion d'empathie, il s'agit de comprendre comment les autres espèces perçoivent le monde, pour penser et agir différemment. 

Ces vies synthétiques manifestent le lien d'exploitation que l'homme entretient avec son environnement, représentant une illustration efficace de l'imbrication croissante entre le vivant et le non-vivant. En matérialisant l'invisible, In Fictio Silico laisse entrevoir de nouveaux futurs faits de nouvelles relations interespèces et met en garde contre l'illusion des solutions technologiques pour préserver et étudier le vivant.

 

Les expérimentations et manipulations porte le projet vers le rapport anthropomorphique que l'homme développe face à chaque nouvelle espèce qu'il rencontre.. Alors que c'est sur l'artifice que le projet repose pour redonner son efficacité à une nature indispensable et pourtant fragilisée par l'homme, In Fictio Silico met sur pied un jeu de miroirs déformants duquel l'homme peut s'identifier à distance, le mettant face à sa condition humaine, aux autres espèces vivantes et aux machines. La vision du projet n'adopte pas seulement un regard plongeant comme ça pourrait l'être dans une recherche scientifique mais choisi de confronter l'homme à d'autres points de vues : celui de la matière inerte qui prend vie par différents procédés techniques. Ces êtres n'apportent pas de réponses, à chacun de les juger menaçants, fascinants ou réjouissants, objets de réflexions ou outils d'exploration du futur.

5. Edition [lien]

Document regroupant l'ensemble des recherches et prenant la forme d'un cadavre exquis entre les différentes disciplines.

 

6. Outils et archives

Différents outils ont été développé afin d'étudier les êtres artificiels. Leurs formes épurées en 2D ont permis de faire un clin d'oeil aux deux disciplines représentées lors du diplôme : l'illustration et le design. 

Plusieurs archives, notamment des vidéos et enregistrements ont été publiés, notamment lorsque la vie, issue de la matérialisation de données, est apparue pour la première fois dans le laboratoire. 

Par l'utilisation de matières vivantes et inertes, ce projet souhaite montrer l'articulation entre nature et culture en questionnant le rôle des biotechnlogies et des algorithmes dans les productions possibles de demain. Les limites et les dérives présentes dans l'étude du vivant sont mises à l'épreuve à travers plusieurs dispositifs sensibles : 

 

1. Scénographie

Recherche comment utiliser la scénographie comme un outil d'immersion et d'interaction face aux dispositifs mis en oeuvre. Le laboratoire In Fictio Silico ne peut se détacher de son contexte sans y perdre son essence, tous les éléments ont été pensé en synergie avec la scénographie dès le départ. 

 

2. Matter Silicorum [lien]

Recherche comment et pourquoi le design peut contribuer à étudier le vivant par la simulation tangible d'êtres artificiels. Ces êtres prennent corps à partir de données récoltées en laboratoire et sont donnés à voir par la robotique molle et l'anthropologie. A partir de formes bio-inspirées et d'enregistrements audios fictifs, le dispositif propose une lecture critique à la fois animiste et anthropomorphique de ce que pourrait être la vie artificielle combinée aux biotechnologies.

 

3. Plongée bactérienne [lien]

Recherche sur comment le design peut participer à créer des interfaces numériques en tant que support sensible pour la recherche scientifique. A partir d'un dispositif de réalité virtuelle, la plongée bactérienne invite le public à se déplacer à différente échelles de la matière en le projettant dans une micro-société logée dans une goutte d'eau en lévitation accoustique. 

 

4. Séminaire fictif

Recherche sur la forme d'un séminaire afin de communiquer sur l'état des recherches du laboratoire In Fictio Silico. Par l'animation, les codes du vivant deviennent accessibles et ludiques. Le support esthétique, en corrélation avec le sens dégagé prend la forme d'un zapping vivant.

Alien TV

Bande annonce (film intégral projeté uniquement en salle ou exposition)